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Adrien Guyon : la passion du poker

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Le jeune poitevin de 26 ans, vainqueur de la Top Shark Academy, vient d’intégrer le Team Winamax pour une année. Et a déjà fait des étincelles lors de son premier tournoi en tant que joueur pro à Deauville.

Adrien Guyon est passionné par le jeu. Il a découvert le poker il y a huit ans, alors qu’il était au lycée, jouant en simple amateur, entre parties privées puis tournois organisés en club. Au fil des parties, il s’est découvert un intérêt pour l’aspect stratégique, psychologique, de ce jeu si particulier qu’est le Texas Hold’em No Limit, variante à deux cartes du poker démocratisée par Patrick Bruel, champion du monde de la discipline en 1998, il y a une dizaine d’années.

« Entre 18 et 20 ans, j’ai commencé par de petites parties privées, en augmentant les enjeux. Après il y a eu Internet ». C’est en ligne que le jeune poitevin a fait ses premières armes. « C’est là que j’ai commencé à vraiment m’y mettre. Je n’ai jamais joué en argent fictif, j’ai tout de suite déposé de l’argent, c’est aussi ce qui m’intéressait. Ça a évolué petit à petit, il y a toujours eu une évolution constante dans mes gains ». A cette époque il fréquente aussi le club de poker de Poitiers : « j’ai battu tous les records lors du deepstack, sur douze manches, j’ai fait neuf tables finales et j’ai gagné le championnat principal dès la première année ». Il s’est ensuite impliqué au sein du club poitevin.

Il y a trois ans et demi, le joueur amateur s’est rendu compte qu’il pouvait gagner de l’argent, et peut-être en vivre. « Ça me faisait rêver, car depuis tout petit je voulais faire quelque chose de différent. Et surtout avoir un métier qui est aussi une passion ». Il relativise cependant les deux premières années, assez difficiles. « J’étais quand même très fier de ce que j’arrivais à faire, car je vivais exclusivement du poker » explique-t-il. Ajoutant : « je n’ai jamais considéré cela comme un travail, même si c’est un peu différent aujourd’hui ».

En ligne, Adrien Guyon se place au bout de quelques mois parmi les meilleurs joueurs de Winamax. Mais c’est en 2014 qu’il voit sa carrière exploser. « J’étais partout, j’ai commencé à faire beaucoup de tournois live, de faire des voyages partout en Europe. Ça t’apporte plein de choses ». « Je n’étais pas forcément quelqu’un qui aimait voyager, mais j’ai pris conscience, à travers les messages que les gens m’envoyaient, que c’était assez exceptionnel ». Des tournois que quelques années auparavant il regardait en vidéos.

La passion pour le poker amène Adrien vers de nombreuses compétitions. « Ce qui m’intéressait à l’époque, c’était vraiment de vivre de ma passion ». « J’ai rencontré plein de gens, je me suis fait beaucoup d’amis au poker. Mais à une table, le jeu prime ». Un paradoxe qui fait la particularité de ce jeu, mais qui passionne ceux qui y jouent. En ligne, il se lance dans une compétition en équipe. Elle va le mener tout droit à Las Vegas. « J’ai commencé avec un ami, et à l’époque je lui disais, lorsque nous regardions le Main Event à 10 000 dollars, « je jouerai ce tournoi un jour » ». Un premier voyage, en 2013, qui lui a procuré de belles émotions.

En 2015, autre étape dans la vie d’Adrien. La victoire de la Top Shark Academy le propulse au sein de l’équipe professionnelle de Winamax. Une fierté pour le jeune joueur. « C’est arrivé à pic, dans le sens où j’avais le sentiment que j’avais une légère baisse de motivation. Je commençais à ressentir un peu de lassitude ». Mais toujours la passion. « Gagner ce contrat fait clairement partie d’un rêve » affirme-t-il, même s’il se donne déjà un autre objectif : « que cela dure plus d’un an ». Aujourd’hui il intègre une équipe composée de huit joueurs qu’il adulait, et adule toujours : un champion européen, Davidi Kitai plusieurs fois titrés, un finaliste des championnats du monde, Sylvain Loosli… « Ils ont des palmarès énormes, j’ai beaucoup de choses à apprendre d’eux ». Adrien Guyon fait désormais partie de ce « Team », une récompense qu’il a su obtenir après de longues heures de compétition en ligne. « J’ai été assommé de messages, et c’est là que je me suis rendu compte du côté exceptionnel ».

Après un premier stage d’intégration en Belgique en janvier, l’amateur devenu pro a porté le logo Winamax pour la première fois à Deauville. Et ça lui a plutôt réussi, puisqu’il a terminé à la 16e place de l’European Poker Tour sur 592 joueurs, emportant au passage 25 010 euros. « Très peu de joueurs jouent les tournois que je vais jouer dans l’année, c’est une chance inouïe qui ne pouvait pas démarrer mieux ». Ajoutant : « cela aurait pu être dix fois plus beau si j’avais été en table finale, mais c’est déjà vraiment très bien ».

Adrien n’en oublie pas cependant de travailler, les compétitions à haut niveau rendant l’entraînement plus que nécessaire. « Tout le monde progresse très vite, avec les livres, les vidéos. Même les joueurs amateurs. Nous, joueurs pro, nous devons de travailler notre jeu au quotidien ». « Si tu ne le fais pas tu peux être le meilleur joueur du monde et un an et demi après être parmi la masse ». Précisant : « il faut jouer contre les meilleurs pour devenir le meilleur ». Un investissement qu’il a su déceler au sein de l’équipe, parmi les joueurs et les managers.

Prochaine étape, le Winamax Poker Tour, du 26 février au 3 mars, à Paris, qui réunit plus de 1 300 joueurs, puis les championnats du monde à Las Vegas, du 18 juin au 11 juillet pour participer au Main Event à 10 000 dollars, sans payer le droit d’entrée, le tournoi étant inclus dans son contrat. Un voyage de trois semaines très attendu par le joueur pro. « Même si je n’avais pas eu le contrat, je l’aurais peut-être refait ». « Vegas est quelque chose d’obligatoire, c’est un endroit de dingue, un parc d’attraction pour adultes. Il faut y aller au moins une fois dans sa vie ». Le gain pour la victoire, dix millions de dollars. Un rêve pour tous les joueurs de poker.

« Si ça devait s’arrêter aujourd’hui, je ne garderai que du positif. J’ai vécu quelque chose d’exceptionnel en allant dans les plus grands hôtels, en ayant cette vie là. C’est une vraie chance ». Aucun regret pour le joueur pro qui entend profiter pleinement de cette année de sponsoring, tout en gardant à l’esprit un objectif : la reconduction de son contrat chez Winamax.