CHERCHER :

Dans les coulisses d’une vente aux enchères

Bénédicte Boissinot, commissaire prisseur.

Maroquinerie de luxe : Lancel, Gucci, Cardin et Chanel.

 

Uniques comme leur propriétaire, près de 1000 pièces de collection du XIXe siècle jusqu’aux années 2000 seront proposées les 7 et 8 décembre à l’Hôtel des ventes de Poitiers.

Elle a préféré rester anonyme, mais Virginie, aujourd’hui 87 ans, nous révèle qu’elle a toujours aimé les pièces de collection. Elle tient ça de son père, un bottier parisien qui lui aurait transmis sa passion. Dans sa jeunesse, elle a souvent côtoyé des amis qui travaillaient dans des maisons de couture à Paris. Au fil des années, elle a commencé à s’offrir des chapeaux et des robes de collection. Il y a 40 ans, cet amour des belles pièces, s’est transformé en une collection fougueuse jusqu’à créer son propre musée de la mode à son domicile en terre poitevine. Elle avoue avoir porté quelques coiffes, mais son plaisir était d’amasser les plus belles choses qui se sont créées hier comme aujourd’hui.

Une première à Poitiers

Pour Bénédicte Boissinot, commissaire-priseur à l’Hôtel des ventes de  Poitiers, c’est la première fois qu’elle traite d’une telle collection. « Les ventes thématiques se reproduisent de plus en plus, mais je n’ai jamais eu à traiter autant de pièces de haute couture. » Le travail d’inventaire a commencé, il y a cinq mois. « Je me suis d’abord rendue au domicile de Virginie afin qu’elle me présente son musée hors du commun. Puis, avec l’expert, nous avons étudié et évalué l’ensemble de la collection. Ensuite, j’ai réalisé l’inventaire et l’archivage de chacune des pièces pour mettre en ligne le catalogue des ventes des 7 et 8 décembre. »

Une collection rare

De la robe de l’époque du première Empire, aux robes de la Restauration, en passant par celles perlées des années folles et des maisons Chanel, Dior, Molyneux, Givenchy, Yves Saint-Laurent …,Virginie, appelée pour l’occasion « Madame élégante » a patiemment amassé plus de 250 robes rien que pour son plaisir person- nel. Pour accompagner ces toilettes de grande classe, elle s’est accordée

l’acquisition de 400 chapeaux de 1870, jusqu’à nos jours; chapeaux cloches, toques, tambourins, chapeaux plumasserie, turbans, diadèmes, capelines des maisons de haute couture, elle a même une rare coiffure féminine d’automobiliste des années 1900. Et, en matière d’accessoires, la collectionneuse n’est pas en reste. Elle possède de la maroquinerie des maisons Cardin, Gucci, Lancel, des sacs en cuir des années 30 aux années 70 …, mais également de belles chaussures du XVIIIe siècle dont Pinet, et des créateurs tels que Charles Jourdan, Lagerfeld ou Sonia Rykiel …

Chaque pièce est surprenante et pour les amateurs de haute couture, cette collection relève de la frénésie. Pour des raisons personnelles, la coquette Virginie a décidé de s’en séparer pour le bonheur de certaines dames et des maisons de haute couture également prêtes à tout pour étoffer leur propre collection.

Lydia De Abreu