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La belle aventure de « Fleur de souliers »

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Jeune diplômée, Clémence Nerbusson crée à Germond-Rouvre des souliers de cuir dans une yourte de 50 m2, un atelier atypique qu’elle occupe depuis quelques mois.

A25 ans, Clémence Nerbusson n’a pas les pieds dans le même sabot ! Aujourd’hui, artisan d’art de souliers en cuir, cette jeune deux-sévrienne n’était pourtant pas prédestinée à ce parcours déjà très atypique pour son âge.

Après un bac scientifique, fille d’agriculteurs, Clémence découvre le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC) qu’elle définit plutôt comme un mouvement populaire des jeunes ruraux. Ces rencontres l’ont amenée à se poser la question : « comment agir sur son territoire ? »

Il faudra cependant quelques petites années avant que cette écologiste dans l’âme découvre un autre mode de vie, proche de ses convictions.

Puis suite à l’obtention d’une licence à Paris en conception de mise en œuvre de projets culturels, le festival « Bouche à Oreilles » à Parthenay fait appel à ses compétences trois années de suite. Mais ces premières expériences derrière un bureau ne correspondent pas à sa philosophie de la vie. L’autosuffisance devient en quelque sorte sa devise. Déjà très manuelle dans la création de vêtements, Clémence souhaite apprendre à se chausser. Après deux ans d’apprentissage chez un orthopédiste-bottier, elle décroche son CAP de cordonnier-bottier et un savoir-faire hors du commun « grâce à mon maître de stage qui était vraiment super » ajoute t-elle.

Chaussures artisanales

En mai 2012, elle décide d’adhérer à la Scop « La Ruche Oxalis » (des entrepreneurs au statut de salarié avec l’autonomie et la responsabilité d’un entrepreneur). Le public est déjà très attentif à sa démarche, son « esprit récup’ » et peut-être aussi à l’idée de préserver de vieux métiers.
Un retraité lui fait don de sa vieille machine de cordonnier. Néanmoins, pour Clémence, trop de frais l’obligent à quitter la scop. Et depuis mars dernier, sa micro-entreprise « Fleur de souliers » de développe et sa clientèle s’élargit.
Très présente sur internet via les réseaux sociaux et son site de vente en ligne, Clémence commence à recevoir des commandes de toute la France. Hormis le coup de cœur des clients pour ses souliers, ballerines, bottines 100 % cuir français, aux couleurs et motifs chatoyants, le confort, la durabilité et le sur-mesure (toutes les pointures) du produit font toute la différence et n’ont pas fini de séduire ceux qui pensent plus avec leurs pieds qu’avec leurs yeux.

Comme nos arrière-grands-parents Implantée localement à Germond-Rouvre, petit village qui lui est cher, son souhait aujourd’hui est de pouvoir ouvrir son atelier au grand public. Un atelier hors norme, une yourte de 50 m2, qui pour l’instant reste ex- centrée. En recherche d’un terrain, bout de jardin, dans le centre-ville et pouvant bénéficier de l’électricité, la jeune artiste espère vite déménager sa yourte. Lieu de travail, une autre yourte est également, depuis un an, son lieu de vie et, malgré l’absence d’eau et d’électricité, la jeune femme y trouve tous les avantages. « Etre isolée ne m’a jamais fait peur, mon chien, mon chat et mon âne me tiennent compagnie ».

En soirée, lampe frontale oblige, Clémence s’adonne à la lecture, principale- ment de bandes-dessinées dont elle est fan ou tout simplement la finition de souliers, sa plus grande des passions. Une paire de souliers nécessite vingt heures de travail.

« Aujourd’hui, 500 euros par mois me suffisent pour bien vivre. Je ne me prive pas, je sors avec mes amis, je vais au restaurant et j’assiste à des spectacles » explique-t-elle. Souriante, dynamique, et pourtant mise à rude épreuve tous les jours pour aller chercher l’eau à la source, couper du bois pour se chauffer, Clémence est une jeune femme moderne, ambitieuse et complètement épanouie.

Actuellement exposée à la boutique-galerie « Rue des Arts » à Poitiers, Clémence parcourt également les marchés deux-sévriens.

Renseignements sur le site internet www.fleurdesouliers.fr