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Jean-Michel Minot : une vie d’emotions

Jean-Michel Minot

Moine, étudiant en scolastique, éducateur spécialisé, soldat durant la guerre d’Algérie, et aujourd’hui président de Deux-Sèvres Nature Environnement, Jean-Michel Minot se souvient de ses vies.

La vie sous l’occupation, la guerre d’Algérie, les trente glorieuses, mai 1968… Des événements historiques, mais aussi des moments d’émotions pour Jean-Michel Minot, racontés dans un livre qu’il aura mis deux années à écrire : « Ici et maintenant ». C’est l’histoire d’un petit garçon, à Melle sous l’occupation. Celle d’un enfant de chœur, allant de l’école au champ s’amuser avec ses copains, servant des tickets au magasin de son père.
Dans les années 1950, la passion de la pêche, des escargots, des champignons, le transporte au quotidien. Une passion pour la nature qu’il défendra, des années plus tard, lorsqu’il rejoindra l’association Deux-Sèvres Nature Environnement. «Je suis né à Melle mais je l’ai quittée peu de temps après, explique Jean-Michel Minot. J’y suis ensuite revenu, des années plus tard ».

 

Aujourd’hui, cet homme très occupé par ses multiples activités et passions s’est installé à Chavagné (près de La Crèche), dans une grange réhabilitée, où il a avec lui ses souvenirs. Les souvenirs de ses nombreuses vies.

 

Car, à 70 ans, Jean-Michel Minot a plusieurs fois vu sa vie basculer. A 18 ans, « tiraillé entre la chair et l’esprit », il revêt la bure de moine et prononce ses vœux de pauvreté, chasteté et obéïssance. Il devient par la suite étudiant en scolastique. Quelques années plus tard, il choisit d’être parachutiste. Envoyé en Algérie, il passe de « sportif de haut niveau» à «para». Il y reste un an et demi, refusant par la suite une école d’officier. « Je ne voulais pas donner l’ordre d’ouvrir le feu » affirme Jean-Michel Minot, conscient des horreurs de la guerre, à cette époque.

 

A son retour, après cinq ans de théologie à Lyon, le moine, l’ancien soldat, est ordonné prêtre assomptionniste à Melle et est affecté à un orphelinat toulousain.

A partir de là, une nouvelle voie s’offre à lui, grâce à une formation d’éducateur spécialisé. En 1968, à Paris, le jeune Jean-Michel Minot va vivre, de l’intérieur, les événements qui ont bouleversé la France.

 

Il fait là-bas la connaissance d’un autre monde, d’autres personnes. Les plus démunies. De Toulouse à Nantes en passant par Marseille, il est guidé par ces relations particulières avec des jeunes déficients intellectuels. Un public avec lequel il aura une patience infinie. « Plus la personne est démunie, plus il est gratifiant de lui faire faire un pas » affirme-t-il. Ce combat, il ne cessera de le continuer lorsqu’il sera, de 1983 à 1986, directeur de l’IME de Melle. Retraité, il se tourne vers d’autres passions. Trekkeur, il traverse à pied le Sahara, de la Mauritanie à la Libye. Il s’engage aussi dans la voie de l’écriture, poussé par ses deux filles qui l’interrogent sur ses vies antérieures.

 

De ces échanges naîtront cet ouvrage de près de 600 pages. Un travail conséquent pour retrouver certains des souvenirs enfouis au plus pro- fond de lui, dont il s’est rappelé en écrivant les premiers chapitres.