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La brasserie du Marais poitevin fait mousse

Bière du marais poitevin

Au cœur du Marais poitevin, sur l’ancien site de la laiterie de Coulon, une brasserie a pris place depuis janvier et propose aujourd’hui une bière artisanale et goûteuse.

En début d’année, les premières pressions de la bière du Marais poitevin sont sorties de fûts. L’aboutissement d’un projet de trois ans, d’une réhabilitation et d’une rencontre. Le parc inter-régional a racheté les murs de l’ancienne laiterie de Coulon en 2004. Il a souhaité réintroduire une activité dans ces lieux, accompagner les porteurs de projets. La conserverie voit le jour en 2007, suivront plusieurs associations. Cette année, la brasserie prend ses quartiers et à la fin de l’année une biscuiterie-chocolaterie sortira de terre. Une boutique collective de produits régionaux complétera ce lieu.

Faire marcher les circuits courts

Isabelle et Claude Thiery ont donc installé leurs cuves, machines et lancé la production. Au départ, ils sont seulement consultés pour un avis technique. De fil en aiguille, ils participent au projet, à son élaboration et déménagent. « Nous avions une brasserie depuis 1999 en Loire-Atlantique, note Claude Thiery. Le projet nous a plu, nous étions sur la même longueur d’ondes. Nos anciens locaux étaient trop petits. Nous avons donc sauté sur cette belle opportunité. »

Le but étant de faire une bière qui vient d’ici, de travailler avec les circuits courts. « Nous cherchons à intégrer, au fur et à mesure, les producteurs locaux. Nous le avons consultés pour qu’ils plantent de l’orge. Nous avons fait les premières récoltes. En septembre dernier, nous avons également cueilli le houblon sauvage qui pousse sur le parc. » Une partie a été intégrée à la bière. « Le projet est de planifier des cultures avec un atelier de réinsertion. Il devrait faire du maraîchage sur le marais et du houblon pour nous. » Petits à petits, les approvisionnements sont transférés sur la région.

Aujourd’hui, le couple de brasseur produit quatre bières : blonde, ambrée, brune et blanche. Les céréales sont récoltées puis envoyées chez le malteur pour la torréfaction et reviennent ensuite au brasseur. « Nous travaillons avec le seul malteur de France, qui vient de se réinstaller en Bretagne. Il n’existait plus que des grosses usines. Avec la réapparition et le développement de petites brasseries, les outils de fabrication doivent être réadaptés. Il faut tout réinventer pour de petits volumes. Nous pouvons ainsi assurer la provenance de nos matières premières. »

Les céréales sont ensuite gardées dans de grands silos et transformées tout au long de l’année. Le brasseur essaye également de remettre de vielles variétés au goût du jour. Des champs d’essais ont ainsi été mis en place avec de l’orge de l’Ile-de-Ré.

Visite et dégustation

Les curieux peuvent visiter la brasserie et en savoir plus sur le processus de fabrication : la fermentation, le brassage … L’embouteillage et la vente sont faits sur place. « Ce qui nous a poussé à travailler de cette façon, c’est aussi le contact avec le client. Le fait d’expliquer notre métier, notre produit, de travailler et de vendre en local. » La bière est directe- ment vendue à la boutique, sur certains marchés, dont ceux de producteurs cet été. « Nous devrions faire une bière de Noël et deux bières Abbaye, suivant la saison. » Des ateliers de dégustation ou de cuisine devraient voir le jour, toujours en s’inspirant du territoire.

 

Mathilde Wojylac