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La forteresse médievale n’a pas livre tous ses secrets

le château de Peyras

maquette du château de Peyras

Depuis qu’ils ont racheté, en 1977, le château de Peyras sur la commune de Roumazières-Loubert, Guy et Pierrette Broin n’ont eu de cesse de lui redonner son caractère médiéval.

Ancienne forteresse dominant la vallée de la Charente, bienvenue au château de Peyras ! La bâtisse, dont certains textes de 1067 font déjà état de son existence, a retrouvé son caractère médiéval grâce à ses propriétaires, Guy et Pierrette Broin, qui après l’avoir racheté en 1977, ont entrepris de gros travaux : «Le château était presque en ruine, il a fallu tout faire : les arrivées d’eau, d’électricité, rejointer les murs, nettoyer,… et le meubler», indique la maîtresse de maison.

Visite guidée

«Nous somme situés sur une motte féodale, elle-même construite vers le IVe siècle avant JC. Au fil des années, le château s’est édifié autour et au dessus de cette motte, aux XIe, XIIIe et XVe siècles. D’ailleurs, les charpentes datent de cette époque», indique Pierrette Broin. Première étape de la visite : ce qui devait être la grande salle du château au XIIe siècle. Actuelle- ment au rez-de-chaussée, elle était située à l’origine au premier étage. Partout sont exposées des bannières, symbolisant les passages de seigneurs et chevaliers (écuyers royaux), ainsi que divers boucliers. Un peu plus loin se trouve la salle d’armes, avec épées, lances, ou encore casques (haumes). Une visite guidée saupoudrée d’anecdotes ou de détails historiques. On apprend par exemple que les voyages effectués en Orient par les guerriers ont apporté la couleur, d’où la peinture sur leurs casques.

Puis, il faut emprunter un escalier assez particulier : taillé dans le mur, il est dit «défensif», c’est-à-dire construit à l’envers : «A l’époque, on n’avait pas le droit de se servir de sa main gauche, ça portait malheur. En montant de la sorte, celui qui s’aventurait avait du mal à se battre de la main droite.»

En haut de l’escalier, nous voilà arrivés au niveau des chambres et des pièces à vivre. Il s’agit en réalité du deuxième étage. «De nombreuses modifications sont apparues au cours des siècles : un couloir a été ajouté, des fenêtres sont devenues des portes,… Il faut savoir que le château a subi un siège très dur lors de la guerre de cent ans, en 1425. »

Chambres types et mobilier du XVe siècle, lit en baldaquin, siège dédié au seigneur,… Sans oublier la reproduction d’une tenue de chevalier retrouvée à Jérusalem, faite en cotte de maille et pesant douze kilos, et de son haume de quatre kilos.

Cette visite guidée se termine par une exposition des objets retrouvés au sein même de la forteresse : restes d’un char, poteries, pièces de ceintures, restes d’un bouclier étrusque,… datant sûrement du Ve siècle avant JC. «Cela veut dire que le château a presque toujours été un lieu d’habitation. Bien sûr, il nous reste beaucoup à découvrir. On devine par exemple d’un donjon était présent dans la cour puisque certaines pierres émergent. Il y a aussi les souterrains, que nous n’avons pas encore exploré entièrement et dont l’entrée n’est pas évidente à trouver», conclut Pierrette Broin. Et ce sont neuf salles, ouvertes au public, que les propriétaires acceptent de faire visiter… En attendant de nouvelles découvertes !

 

Gaëlle Pignolet