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Le chevalier de Mere, un personnage enigmatique

Jean-Paul Taillé et Rémi Foisseau devant le château de Beaussais.

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Antoine Gombaud, personnage connu sous le nom du « Chevalier de Méré », a fait l’objet de recherches de la part de deux passionnés, Jean-Paul Taillé et Rémy Foisseau.

Tous deux sont nés à Beaussais, et même s’ils ne se connaissaient pas il y a quelques années, Jean-Paul Taillé et Rémy Foisseau ont collaboré à la rédaction d’un ouvrage révélant les nombreuses facettes d’un personnage peu connu : Antoine Gombaud. Pourquoi une telle aventure ? Jean-Paul Taillé revient pour nous sur cette rencontre avec Rémy Foisseau. « Il y a trois ou quatre ans, je faisais des recherches afin de démêler la vérité sur ce personnage. Début 2010, alors que j’étais au centre Jean Rivierre à La Couarde, Rémy enquêtait aussi sur ce sujet ». Dès lors, ils ont ensemble approfondi leur travail.
Un lien étroit réunit les deux hommes. En effet, Jean-Paul Taillé, né en 1936 à Beaussais, connaît bien le château dans lequel a vécu Rémy Fois- seau, avec sa nombreuse fratrie. Entre 10 et 16 ans, il avait été autorisé à pêcher dans l’étang. Rémy Foisseau, de son côté, a habité le château pendant dix ans. Plus tard, ce lieu était devenu l’occasion de rendez-vous, pendant les vacances, avec ses frères et sœurs. L’intérêt pour ce personnage lui est donc venu principalement à cause du lieu.
« Lorsque j’étais à Paris, j’ai débuté des recherches à la Sorbonne. Je savais qu’une Japonaise avait fait une thèse sur le sujet, mais malheureusement je n’ai rien trouvé ». Il explique cependant « qu’à cette époque, les recherches étaient plus difficiles, par manque de moyen ».
A la retraite, il a continué à enquêter sur ce personnage somme toute assez énigmatique. Avec suffisamment d’information, il a d’ailleurs mené, en 2009, une conférence sur ce sujet, avant de se pencher sur la réalisation de cet ouvrage.

« Se laisser guider par sa vie»

Antoine Gombaud, honnête homme qui a fait son entrée auprès des puissants, a mené la vie dure aux deux historiens. Jean-Paul Taillé, après de nombreuses années de recherches, a rassemblé une multitude d’informations sur ce personnage, certaines plus ou moins vérifiables.
Sa méthode : « je me suis laissé guidé par sa vie » affirme-t-il. Les deux lieux principaux, Beaussais et Paris, sont revenus dans les notes prises par les deux auteurs. Des lieux différents fréquentés par ce personnage haut en couleur dont on dit qu’il aurait été aidé Pascal dans son approche des probabilités.
Des informations difficilement vérifiables comme Jean-Paul Taillé et Rémy Foisseau ont pu en trouver en consultant les écrits d’Antoine Gombaud. Néanmoins, tous deux ont eu un regard critique sur les faits à partir desquels ils ont pu avancer. « Le personnage du chevalier de Méré contraint à la réflexion, expliquent les auteurs. Il a des aspects séduisants, positifs, et autant de négatifs. Mais dans quel pourcentage doit-on le croire ? Telle est la question ». Selon eux, il est important d’avoir deux lectures : la première sur le style de cet auteur reconnu par Sainte-Beuve, la seconde sur les lettres, dont on ne sait malheureusement pas si elles sont correctement datées ou non. Des éléments qui compliquent l’approche des auteurs concernant le chevalier.
Cultivé, ce personnage l’était, assurément, selon eux. Dans sa bibliothèque, de nombreux ouvrages en latin et en grec. « Autant de matière pour discuter avec les gens de la cour » explique Jean-Paul Taillé.
Il a par ailleurs appris, selon les auteurs, à Françoise d’Aubigné, avant qu’elle devienne Madame de Maintenon, à devenir de plus en plus « aimable ». Des faits dont on retrouve des éléments dans quelques-unes de ses lettres.
A une certaine époque, les contradictions étaient de mise concernant ce personnage. Aujourd’hui, serait-ce encore le cas, entre les historiens ? Une question légitime selon Jean-Paul Taillé et Rémy Foisseau.
 Après cet ouvrage qui a demandé énormément d’efforts, Rémy Foisseau continue de s’intéresser à ce lieu qui a bercé son enfance. Il a d’ailleurs récemment trouvé, coincé dans la cheminée, entre deux pierres, un papier signé du propriétaire de l’époque, datant du XVIIe siècle. Un élément de plus par rapport à l’histoire de ce lieu qui, en quatre siècles, est quasiment resté le même.