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Le musée d’Angoulême fait la part belle à la Charente

musee angouleme

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Le musée d’Angoulême fait la part belle à l’histoire de Charente. Préhistoire, beaux-arts et arts extra européens sont visibles gratuitement dans ce musée créé il y a 145 ans.

Situé en plein cœur du centre ville d’Angoulême, le musée surprend tout d’abord par son passé et son architecture. L’histoire débute en 1838, année durant laquelle François Ringuet (peintre et collectionneur né à Angoulême), fait don, à la ville de dix toiles qui vont constituer le fonds primitif du musée. Le 15 août 1869, le musée est officiellement créé et c’est en 1920 qu’il déménage dans l’ancien évêché. Puis, après quelques travaux de rénovation, c’est dans les années 2000 que le bâtiment subit une grande transformation : en 2003, il ferme ses portes. Durant deux ans, l’heure était au déménagement des œuvres et des bureaux, l’occasion également de dresser un inventaire de tous les objets. Le chantier débute en 2005 pour s’achever en 2008. Jardin aménagé par les équipes de la ville à l’extérieur, ajout d’une aile d’exposition, espace plus aéré,… mais surtout annexe d’une verrière, invisible lorsque l’on est face à l’entrée du musée, et qui donne un point de vue sur-prenant sur la cathédrale. Le week-end de réouverture, près de 3 000 personnes viendront découvrir le lieu et ses 1 700m2 d’exposition.

«Replacer les objets dans leur contexte»

Passé la porte du musée d’Angoulême et le hall d’accueil, place aux objets sans doute les plus impressionnants des collections : les dinosaures ! Ou plutôt toute la partie consacrée à la préhistoire et aux témoignages de la vie au Moyen-Âge. «Cette première partie concerne l’archéologie de la Charente. Tous nos objets exposés ici ont été retrouvés dans des sites localisés à une quarantaine de kilomètres d’Angoulême», explique Béatrice Rolin, conservateur en chef du patrimoine et directrice du service patrimoine culturel. Fossiles de cétacés et de mollusques ayant maintenant disparus, os d’espèces préhistoriques, richesse de la géologie de Charente,… Autant de témoignages de cette époque. La pièce la plus impressionnante reste ce moulage de fémur d’un dinosaure, retrouvé il y a peu à Angeac, «c’est le plus grand moulage d’Europe répertorié jusqu’à maintenant !». On retrouve par exemple aussi des objets trouvés sur le gisement paléontologique de Cherves-de-Cognac.

Plus loin, place à la période glacière avec notamment des squelettes d’animaux et une étude sur les hyènes : «Jean-François Tournepiche, qui est également conservateur, s’est spécialisé sur les hyènes en période glacière. On retrouve de nombreuses traces et ces recherches peuvent nous éclairer sur comment vivaient les hommes à cette époque. On pense parfois que l’homme a laissé des traces, alors que finalement ce sont les hyènes.» Pour preuve, ces os rongés par les hyènes, qui ressemblent à s’y méprendre au travail humain. Puis, direction vers les hommes Payday Loan de Cro-Magnon avec des moulages, sédiments et autres vestiges. «L’idée était aussi de replacer les objets dans leur contexte, en reproduisant par exemple des strates de pierres fissurées par le gel pour la période glacière, ou encore essayer de recréer un dolmen ou une grotte. Et il y a toujours un objet que l’on peut toucher ou des bornes pour sentir des odeurs et essayer de les reconnaître», poursuit Béatrice Rolin. Elément phare du musée : le casque d’Agris, casque celtique découvert au cours de fouilles en 1981 à Agris (Charente). Sa fabrication serait datée du Vè siècle avant J.C.

A l’étage, on retrouve l’exposition «Fossiles : de la curiosité à la science, les fossiles et les cabinets d’histoire naturelle au XVIIIè siècle» (voir encadré) ainsi que la collection d’arts extra européens, avec des objets venant du Maghreb, d’Afrique et d’Océanie. La salle sur l’Afrique a par ailleurs fait l’objet d’un travail conjoint de quatre écoles angoumoisines avec le musée de Dakar, avec comme objectif de mettre en valeur cette collection (la présentation étant la même que dans la capitale du Sénégal), et de la rendre plus pédagogique via des jeux, petits dessins animés, reportages,… «Le musée ne peut pas vivre en autarcie. Les objets sont figés dans le temps mais nous en avons ici de plus récents, qui s’apparentent à de l’ethnologie. Il faut faire vivre cela, qu’ils puissent continuer à nous inspirer.» A noter qu’à cet étage, on retrouve un passage vers la chapelle et une reconstitution de l’environnement du Dr Lhomme, qui légua à sa mort en 1934, sa collection à la ville d’Angoulême.

Au second et dernier étage, place aux beaux-arts et aux arts décoratifs : armes du XVIe au début du XXe siècle, sculptures, céramiques et surtout peintures envahis- sent cet étage. Avec une part belle faite aux artistes charentais (des XIXe et début XXe)… en plus des peintres nationaux et européens (du XVIIe au XIXe). Une partie de ces objets provient donc de Charente, que ce soit des sites préhistoriques ou des beaux-arts. Les objets de la salle des arts extra européens proviennent en majorité de la collection personnelle du Dr Jules Lhomme, médecin et notable de La Rochefoucauld qui avait rassemblé d’importants objets d’art et d’ethnographie provenant des cinq continents. Le musée possède de ce fait une des collections les plus fournies, avec 3 243 pièces. D’autres objets proviennent d’autres musées nationaux, comme celui du Quai Branly (Paris), avec lequel des conventions de prêt sont renouvelées tous les deux ans.

GAËLLE PIGNOLET

Info Plus

Musée d’Angoulême, (entrée via la rue Corneille). Tel : 05 45 95 79 88. Ouvert toute l’année (sauf jours fériés) du mardi au dimanche de 10h à 18h. Gratuit et accessible tout public.