CHERCHER :

Le theatre du Vieux Poitiers temoin du passe

theatre vieux poitiers

Les ruines du théâtre gallo-romain témoignent d’un passé illustre disparu. Comme toutes les villes de l’antiquité, elles fascinent les voyageurs, qu’ils soient passionnés d’archéologie ou simples curieux.

Il ne reste plus grand-chose de l’ancienne ville gallo-romaine « Vetus Pictavis », juste un pan de mur qui se dresse à l’entrée de la commune de Cenon, quelques murailles en pierre de taille et des gradins. Construite il y a près de 2000 ans (sous l’empereur Auguste) elle occupait une position privilégiée au confluent de la Vienne et du Clain et s’étendait sur près de 70 hectares. « C’était une ville importante à en juger par les dimensions imposantes de son théâtre, un des plus grands de la France gallo-romaine et il devait être richement décoré », explique la guide Alexandra Rompillon-Jouarre. « Le théâtre demeurait l’expression de la prospérité de la ville. Celui-ci mesurait 116 mètres de diamètre, 13 mètres plus que celui d’Orange et sa capacité atteignait les 10 000 places assises. »

La pax romana

Les populations de la ville et des alentours venaient profiter des représentations qui se déroulaient sur la scène du théâtre (l’orchestra). Leurs constructions étaient financées par les notables de la cité. En retour, ils recevaient les magistratures et les honneurs. L’analyse des photos aériennes des champs actuellement en culture laissent deviner un quadrillage de rues digne d’une cité romaine, avec des places publiques, des temples, un quartier artisanal et une officine de fours de potiers. Autant de témoignages d’une vie urbaine intense : paysans venus de la plaine agricole environnante pour vendre au marché leurs produits, étrangers de passage, marchands itinérants … qui tous profitent de la pax romana. Une grande partie des ensembles bâtis se situaient le long de la voie romaine Poitiers-Tours (Limonum et Caesarodu- num) qui existe encore et qui à l’époque permettait de commercer avec le reste de l’Empire Romain. L’autre fonction du théâtre était de recevoir aux cotés des citadins, les populations rurales à l’occasion de grands rassemblements festifs ou autres.

La ville décline au début du IVe siècle

La ville aurait été détruite par un incendie et une succession d’invasions barbares à partir du IVe siècle. Son destin a été semblable à ceux de Vendeuvre ou Sanxay : abandonnée progressivement par ses habitants, elle a servi de carrière pour construire d’autres villes, comme Cenon, Naintré et Châtel- lerault. « Le nom de Vieux Poitiers résulte d’une mauvaise interprétation des tex- tes », poursuit Alexandra Rompillon-Jouarre.« En 732, les fils de Charles Martel, Pépin et Carloman, se sont partagés les états conquis par leur père dont la ville de Vetus Pictavis. Ce nom en fait désignait les peuples pictons qui occupaient un territoire qui s’étendait sur la Vienne, une partie des Deux-Sèvres, de la Vendée et du Maine et Loire. » A noter que Charles Martel s’était illustré en arrêtant les arabes à quelques kilomètres plus au Sud à Moussais-la-Bataille à la bataille « dite de Poitiers » en 732.

Un programme de fouille lancé en 1963

Les travaux de fouilles ont débuté sous l’impulsion de René Fristse en 1963, puis poursuivi par Alain Ollivier, archéologue et prospecteur aérien.

« Une fois les vestiges sortis, les murs mis à nu, il faut les protéger des intempéries par des abris ou des enduits. A ce titre, un programme de pro- tection et de mise en valeur du site est inscrit dans les projets immédiats du Pays châtelleraudais, l’organisme de gestion. La construction actuellement visible, mesure 14 m de hauteur, est un vestige du théâtre », précise la guide. Les quelques pièces de monnaie trouvées, un buste en argent de patri- cien, des morceaux de vase et de céramiques, une statuette de la déesse celtique-gauloise Epona, sont en lieux sûrs au musée de Châtellerault.

LES VISITES

Le site du Vieux Poitiers est ouvert chaque année du 1er mai au 31 octobre. Un parcours ludique a été aménagé pour les enfants et les groupes scolaires, les « jeux-ditstectives ». Par le biais de questions et d’outils, l’objectif est de les sensibiliser à l’archéologie. Les visites pour les familles et les groupes durent environ une heure. Jusqu’au 16 septembre, elles sont possibles tous les jours de la semaine de 14 h 30 à 19 h et seulement de 14 h à 18 h les samedi, dimanche et jours fériés du 17 septembre au 31 octobre et en mai suivant.

Tarifs :

Visites guidées: adultes :3,50€ et enfants : 2€.

Visites libres : adulte : 2€ et enfant : 1,50€.

Contact pour groupes, rendez-vous et renseignements : 06 28 65 67 27.