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Leïla Papot : une artiste qui s’accomplit

leila papot

leila papot peint

leila papot fresque

Trompe-l’oeil, lettres peintes, façades embellies, la jeune femme a fait de sa passion son métier, aimant les rencontres avec les professionnels et les particuliers pour qui elle conçoit des projets.

Depuis son enfance, Leïla Papot dessine. Agée de 26 ans, résidant à Saint-Aubin-Le Cloud, à quelques kilomètres de Parthenay, la jeune femme avoue avoir eu un parcours chanceux qui lui permet aujourd’hui d’exercer l’activité dont elle rêvait.

Sous le pseudonyme « L’atelier de Leïla », cette jeune professionnelle reproduit, crée, à la demande, tous types de décors peints intérieurs ou extérieurs : un trompe-l’œil, le décor d’un mur, une cour, le camouflage d’une vilaine porte… Elle propose également des lettres peintes pour des enseignes et des vitrines commerçantes.

Un parcours atypique

Une scolarité classique en Gâtine jusqu’à l’obtention d’un CAP de peintre en lettres à Bressuire et Leïla part en Bretagne préparer le brevet des métiers d’art « peintre en lettres » (équivalent du Bac Pro). Brillante élève, elle choi- sit de continuer pour élargir ses connaissances et obtient le brevet des métiers d’art « Décor de surfaces et volumes » (trompe-l’œil, décoration de meubles…) à Poitiers. A l’examen, le directeur de l’IPEDEC (Institut supérieur de peinture décorative de Paris), membre du jury, découvre son talent et lui propose de l’accueillir dans son école privée. Une école parisienne de renommée internationale avec un public français et étranger, venu d’horizons professionnels très diversifiés qui n’accueille qu’une vingtaine d’élèves par promotion.

Pour franchir les portes de cette école prestigieuse, la présentation d’un dossier d’une cinquantaine de pages et sa soutenance sont nécessaires. Reçue à cet examen de passage et grâce à l’obtention des bourses, Leïla va saisir cette opportunité. Mais la rentrée n’est pas tout de suite, et en attendant elle travaille chez un peintre en bâti- ment pour découvrir les différents supports. « Peindre c’est bien mais connaître la réaction du support (bois, enduit…), ça aide ! ».

Ces six mois à Paris ont été une riche et éprouvante expérience : « j’avais choisi de loger chez une personne âgée, m’occuper d’elle, lui faire à manger, ses courses, son ménage… en contrepartie d’un loyer. J’avais plus d’une heure de transport le matin et le soir pour regagner l’école. J’étais frustrée de ne pas pouvoir rester plus longtemps le soir pour me perfectionner. Alors, je me suis très vite rapprochée de l’école, ce qui m’a permis de m’investir beaucoup plus. J’ai fini première de la promotion ».

Après la Charente, Leïla Papot arpente la Vienne et les Deux-Sèvres

Tous ses diplômes en poche, à 22 ans, Leïla s’inscrit comme artiste indépendante. Une rencontre amoureuse la mènera en Charente.

Quelques petits travaux chez des particuliers (décoration murale de jardin, couchers de soleil, décoration de chambre d’enfants…) Mais la vie est difficile. « J’ai fait de belles rencontres mais je suis souvent allée de déception en déception ».

Début 2012, séparée de son ami, Leïla revient en Gâtine, son lieu de vie où par le biais de connaissances, des personnes vont faire appel à son savoir-faire et le bouche-à-oreille va commencer à fonctionner. « Des commandes ponctuelles, très variées et parfois très sur- prenantes, par exemple la réalisation pendant plus d’une semaine d’un décor de scènes de chasse (des sangliers, cerfs, chevreuil, canards sur un chemin dans une forêt de sapins) sur deux grands pans de murs chez un propriétaire privé sur la commune du Beugnon ». Pugnacité, cartes de visi- tes et book à l’appui vont l’aider à concrétiser ses projets. La mairie de Lavoux, dans la Vienne, lui demande de représenter les carrières de calcaire sur le mur de la salle des fêtes. Un privé de Vendeuvre, dans le même département, fait appel à sa création pour la réalisation d’un trompe-l’œil extérieur. Un habitant de Saint-Varent lui propose quant à lui une fresque à l’ancienne sur un mur de jardin. « Ce qui me plaît beaucoup dans ce métier, ce sont les rencontres ».

Leïla commence à prendre confiance en elle, et malgré une petite timi- dité, elle est bien déterminée à aller vers les gens pour leur proposer son savoir-faire et sa créativité.

Ainsi, souhaitant développer son activité, quelques semaines avant Noël, elle prend l’initiative de contacter tous les commerçants du centre-ville de Parthenay afin de leur proposer un décor peint sur leur vitrine : vingt-cinq ont accepté, et l’effet a été immédiat et a fait « boule de neige » auprès d’autres commerçants de la ville. Certains se sont mêmes offerts quelques fantaisies (décor des miroirs intérieurs de leur bou- tique). Bénéficiant d’une subvention de la mairie pour la réalisation d’enseignes dans le centre, une commerçante n’a pas hésité ! Mieux que des lettres adhésives, moins onéreux, et à l’image parfaite de ce qu’elle désirait, Leïla a pu montrer, « sans filet », ses talents de créatrice et de peintre en lettres.