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Les arbres traités en œuvres d’art au château !

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Les arbres, véritable passion de Luce Bodinaud, propriétaire de la Galerie Hôtel du château Nieuil, font l’objet d’une exposition à cinq mains «L’art et l’arbre». Dans la galerie, dans le château et dans le parc, les arbres sont devenus œuvres d’art.

C’est le totem de Jean-Philippe Monnard qui a tout déclenché. Après avoir ressuscité le cèdre du parc du château, condamné à l’abattage, en le transformant en totem, Luce Bodinaud, la propriétaire des lieux a voulu donner libre cours à sa passion pour les arbres en leur consacrant une exposition à cinq mains.

«J’ai eu la chance d’avoir un père qui m‘a expliqué les arbres et les oiseaux, ma deuxième passion» explique Luce Bodinaud qui, pour la première fois, consacre une de ses expositions biannuelles à cette passion venue de l’enfance et qui ne l’a jamais quittée. Et pour magnifier ces arbres, l’amoureuse et collectionneuse des arts a fait appel à cinq artistes.

Et leur a ouvert grand son domaine, ne se limitant pas à la galerie mais en proposant également une salle du château et le parc. «J’aime bien faire circuler les gens, les inviter à entrer dans le château, dans le parc, c’est une entrée libre…» détaille la maîtresse des lieux.

Les cinq artistes ont chacun pris possession des lieux. «Malgré que ce soient des artistes différents, ils se sont bien réunis et appréciés» commente avec soulagement Luce qui connaissait tous les artistes sauf un, Franck Brandon, photographe artistique.

Pour Cyril Moré, le sculpteur et tourneur sur bois, la rencontre s’est déroulée il y a deux ans dans son atelier de l’Ile de Vassivières, «je suis tombée sous le charme devant ses œuvres, on dirait de la dentelle pour certaines pièces» rapporte Luce Bodinaud. C’est aussi dans son atelier, en Dordogne, que Luce est allée à la rencontre de Jean- Claude Nouard. «Il avait rangé toutes ses toiles, j’ai dû lui faire sortir des cartons». Depuis «l’homme des bois» comme elle le Payday Loan surnomme et qui est par ailleurs technicien forestier, a fait beaucoup de chemin et commence à se montrer avec ses toiles axées sur l’arbre et son écorce. «Je travaille à partir de pigments naturels que je trouve la plupart en Dordogne.»

Pour Franck Landron, le seul artiste qu’elle n’a jamais rencontré, Luce Bodinaud a découvert «par hasard» ses photographies expérimentales lors d’une exposition à Aubeterre. Lors de ses voyages, cet artiste baroudeur met en scène certains arbres remarquables avec des cadrages particuliers et des ajouts artistiques de matières.

La participation de Jean Périllaud à l’exposition a été évidente pour la maîtresse des lieux qui connait depuis plus de quarante ans l’artiste et ami charentais installé à Saint-Genis d’Hiersac. «Il avait à l’époque fait une exposition dans le parc du château». Cette fois, le sculpteur sur métal qui a cotoyé César et Féraud a servi de trait d’union aux œuvres de Jean-Philippe Monnard qui prônent dans le jardin du château. «Il a fait dialoguer les deux sculptures de Jean-Philippe en les réunissant par une pièce de métal supportant un œil (NDLR : en référence au conte «L’œil du loup» de Daniel Pennac, livre fétiche de Luce Bodinaud et dont s’est inspiré Jean-Philippe Monnard pour sculpter le totem à partir du cèdre du Liban condamné)».

Les «œils» de Jean Périllaud se retrouvent encore dans le salon de l’hôtel et seront même le fil conducteur de la prochaine exposition du sculpteur charentais. «L’an prochain, chez nous, il organisera une exposition pour ses cinquante ans de création» s’enthousiasme Luce Bodinaud.

Et pour ceux qui n’auraient pas encore découvert le totem réalisé en avril dernier, par Jean-Philippe Monnard, dans le jardin de l’hôtel, ils pourront découvrir une autre facette du talent du sculpteur-paysagiste parisien. Outre sa passion de redonner une deuxième vie aux arbres morts, il expose une sculpture sur bois et des peintures à l’acrylique dans le salon.

LAURENCE GAUCHON