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Musée d’Agesci : revisiter l’histoire des Deux-Sèvres

photo Olivier Drilhon
musée Bernard d’Agesci

Avec plusieurs dizaines de milliers d’œuvres d’art et d’objets, le musée niortais propose au public un voyage dans le temps, à la découverte des civilisations passées et actuelles.

Le musée Bernard d’Agesci est protéiforme. Un cabinet de curiosité pluridisciplinaire dans lequel le visiteur évolue, parcourant les collections d’histoire naturelle, découvrant des objets scientifiques, des peintures, des sculptures… Dans ce musée de 5000 m2 où se côtoient 180 000 objets de différentes époques, les contrastes semblent permanents. « Notre choix est de ne pas sélectionner d’œuvres mais d’être à l’image de la société, explique la directrice Laurence Lamy. Le passage d’un univers à l’autre est une force, cela redonne de l’énergie aux visiteurs pour découvrir d’autres choses ». Depuis un an et demi, la responsable des lieux propose de nombreux rendez-vous en lien avec les expositions temporaires du musée. Dernier exemple en date, les rencontres naturalistes en Deux-Sèvres qui ont fait écho à l’exposition sur les migrations, encore présentée au public pendant quelques mois dans l’enceinte du musée. Celui-ci peut donc se permettre quelques transgressions, en accueillant par exemple les métiers d’art à quelques mètres des oiseaux et autres animaux de la collection d’histoire naturelle. « Le musée, comme le donjon de Niort, sont des lieux d’école, à la découverte des territoires, des artistes, des cultures » souligne la directrice, regrettant cependant qu’il ne soit pas « toujours possible de tout faire ».

« Le musée n’est pas une galerie »

Avec 4000 ouvrages scolaires, 6000 films fixes, fournitures scolaires illustrant l’histoire de notre école, de nombreux témoignages viennent enrichir notre vision de la société passée et actuelle. Une richesse qu’il est rare de trouver dans un musée. « Le musée n’est pas une galerie d’art, affirme Laurence Lamy. Il a d’ailleurs été longtemps considéré comme un lieu de pédagogie ».

Aujourd’hui, pour la responsable, les musées français semblent de plus avoir du mal à trouver leur place dans la société, à s’inscrire dans le XXIe siècle. « Certains objets arrivent dans les musées mais sont « morts », coupés de toute sociologie. Le but est certes de les préserver, mais ils ont besoin d’être structurés ». Tous ces objets, nom- breux, peuvent être ache- tés par le musée, ou bien légués. « Avec l’acceptation scientifique du conservateur quick pay day loans, précise-t-elle : il faut une cohérence avec l’histoire des Deux-Sèvres et les collections ». L’objectif : qu’il y ait un écho avec le territoire. Le musée niortais est à l’image de ces objets réintégrés dans notre société. Il évolue avec les mœurs. Toujours en quête d’innovations permettant d’ancrer le site dans le temps, l’équipe emmenée par la directrice apporte de nouvelles fonctionnalités pour enrichir les visites du public. « Nous avons développé le wifi, et une application pour les tablettes permettant un contact direct avec les œuvres ». Pour la responsable, l’outil numérique est aujourd’hui un rêve accessible. « Nous souhaiterions, avec cette technologie, faire vivre le travail de restauration d’une œuvre, avec les différentes étapes, jusqu’à la présentation dans le musée ». Autant d’informations qui ne sont actuellement pas accessibles au public. « Dans une société de l’image, ajoute la directrice, le musée associe le fond, la forme, tout en rendant possible la diffusion par le biais de nouveaux outils ».

L’accessibilité, une priorité

Outre la présentation des œuvres au plus grand nombre, aujourd’hui l’autre combat de Laurence Lamy concerne l’accessibilité du public. « Depuis 2013, nous avons créé un groupe de travail. Nous avons fait le constat d’un manque de visiteurs issus de milieux ruraux ou péri-urbains ». Pour faire face à cette situation, des formules à l’année, au tarif accessible de 5 euros, ont été mis en place, en lien avec le quotient familial des foyers concernés. De même, des partenariats ont été établis. Ainsi, grâce à Emmaus, le musée a pu se doter d’un piano carré du milieu du XIXe siècle. Une pièce rare qui a trouvé sa place au côté de dizaines d’œuvres présentées. Les tableaux, sculptures, faïences, et autres richesses du musée font aussi régulièrement l’objet d’animations. « L’art au menu nous permet, durant trente minutes, parfois un peu plus, de découvrir une œuvre. Nous pouvons parler de technique, de ressenti iconographique, devant un public qui est tout sauf passif et qui arrive avec un certain vécu ». « Le conservateur apporte une connaissance, ajoute la directrice, mais le public devient acteur de l’œuvre ». L’une des missions du musée est donc d’informer, mais aussi d’inciter le spectateur à se confronter à l’art, sous ses formes les plus diverses.

LUDOVIC RHODE