CHERCHER :

Musée des tumulus : 20 ans de témoignage archéologique

tumulus de bougon

tumulus de bougon

Le musée, construit autour des vestiges d’un prieuré cistercien, propriété acquise par le Conseil général en 1873, réunit des centaines d’objets datant de plusieurs millénaires.

Les cultures néolithiques ont, il y a environ 6 000 ans, érigé des tumulus, monuments aujourd’hui protégés. Dès 1820, et jusqu’en 1845, des fouilles ont été entreprises très tôt sur le site de Bougon, devenu propriété du Département en 1873 pour ses qualités scienti- fiques. « Un regard précurseur des collectivités » selon Elaine Lacroix, la directrice du musée. Intéressé par l’archéologie, le Conseil général n’a cessé de mettre en avant ce patrimoine local essentiel à la compréhension de l’histoire de l’humanité. On assistait d’ailleurs, au XIXe siècle, à une passion pour les tumulus et à de nombreuses découvertes. Mais pour les collectivités, au-delà du site et de ses qualités, il était essentiel « d’avoir plus d’ambition qu’un simple accueil des visiteurs » explique la directrice.

L’idée d’un musée a donc fait son chemin, et, au mois de novembre 1991, le projet de l’architecte Jean-François Milou a été retenu. Un bâtiment aux lignes audacieuses, au style moderne, intégré au site de 24 hectares comprenant également les vestiges d’une habitation traditionnelle datée du XVe siècle, une grange du XVIIIe siècle et un patrimoine bâti du XIVe siècle. « Ce projet a été précurseur d’autres musées de ce type, affirme Elaine Lacroix, avec une véritable politique de médiation et une mission de conservation des collections ».

Orienté en direction des tumulus, à 500 mètres de la nécropole, le musée est apparu dans le paysage en 1993, après huit mois de travaux. Il a été ouvert au public fin juin, après l’inauguration officielle le 27 juin 1993.

L’histoire de l’humanité

Avec une scénographie particulière, une repro- duction de monuments à l’identique, de nombreux objets issus de fouilles, le musée offre aux visiteurs une vision passionnante de l’ère néolithique.
Sur le chemin menant aux tumulus a ainsi été reconstituée une habitation néolithique d’après des fouilles effectuées à Soulièvre (Airvault). Une demeure de 44 mètres de long pour 8 mètres de hauteur réalisée d’après les recherches faites par des scientifiques.

Dans l’enceinte du musée, des centaines d’objets s’offrent au regard des visiteurs. Des pièces pour certaines uniques, d’autres présentées pour décrire de manière précise le quotidien de ces hommes, des millénaires avant notre ère.

Pour certaines expositions – le musée en organise deux par an depuis son ouverture – Elaine Lacroix emprunte des objets en France et à l’étranger. Des échanges légiférés très strictes : « le label (Musée de France, ndlr) a des contraintes mais aussi des avantages. Le prêt d’objets en fait partie » affirme la directrice. « Mais pour chaque de- mande il faut en général s’y prendre un ou deux ans à l’avance » ajoute-t-elle. Pour l’exposition « La Préhistoire de A à Z, le Néolithique raconté aux enfants », la plupart des objets venait de Poitiers. Pour d’autres expositions, ils ont été prêtés par des musées de Belgique, d’Allemagne, d’Italie…

En vingt ans, quarante-deux expositions ont été vue par le public. Avec à chaque fois le soucis de présenter de beaux objets et de proposer des explications précises. Pour chaque création, depuis 1993, plusieurs personnes participent à l’élaboration : une pour la logistique, deux pour la scénographie, une pour la communication, sans oublier les guides pour les animations. De véritables projets d’équipe !

Un trésor au musée

Au-delà des objets présentés, c’est dans un coin du musée, dans un es- pace contrôlé, que sont triés les centaines d’objets trouvés lors de fouilles. Des milliers de petites pierres, des objets du quotidien reconstitués, triés par année, par commune… le tout sur une surface de 300 m2. Cette réserve, une mine d’or pour les chercheurs, renferme des nombreux témoignages d’un passé quelquefois oublié. « Chaque objet a sa fiche, est renseigné dans une base de données régionale puis nationale » explique Elaine Lacroix. Afin de faciliter les recherches des scientifiques qui peuvent venir étudier les objets.

Ce lieu, peu connu du public, se visite une fois par an. Ainsi, quelques dizaines de personnes ont eu l’opportunité, lors des journées du patrimoine, de découvrir cette réserve où les objets sont « archivés » avant d’être présentés, quelques mois ou quelques années plus tard, dans l’une des vitrines du musée. Garants du patrimoine, les salariés du musée des tumulus sont « redevables de ces objets auprès de nos concitoyens » précise Elaine Lacroix.

Un patrimoine essentiel à sauvegarder qui sera une nouvelle fois mis en valeur, l’an prochain, lors d’un événément particulier : l’anniversaire du musée des tumulus. « Nous travaillons en ce moment sur ce projet. Expositions, films, ateliers… ce sera la synthèe de nos vingt ans » note la directrice du musée de Bougon.

A cette occasion seront sorties les plus belles pièces du musée, toutes périodes confondues, certaines n’ayant pu être présentées car ne correspondant pas à la période néolithique. « Nous allons aussi remonter certaines expositions dont nous avons été les créateurs : “Rahan” et “La préhistoire de A à Z” » conclue Elaine Lacroix.