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Philippe Croizon n’a pas de frontière

Philippe Croizon et Arnaud Chassery

Philippe Croizon

Ses exploits ont fait le tour du monde, son courage et sa rage de vivre ont fait de lui un personnage emblématique de l’année 2012. Exemplaire dans ses actions et sa façon de penser, il est devenu un modèle.

Philippe Croizon aura marqué 2012 pour avoir relié en compagnie d’Arnaud Chassery les cinq continents à la nage. A la succession d’exploits sportifs réalisés de mai à août en binôme (nageur handicapé et valide), les valeurs de courage, d’abnégation et de force de vivre se sont sur-imprimées dans tous les médias du monde. « Je veux montrer à tous qu’une personne handicapée est avant tout un Homme, que tout est possible, qu’il faut croire en ses rêves », martèle Philippe Croizon. La preuve, au début de l’aventure « Nager au-delà des frontières », le budget n’était pas bouclé ! « Je fonctionne comme cela, je pars d’une idée, je fonce et après… j’me fais peur », explique t- il en riant avant d’ajouter que pour mener ce challenge, il a remué ciel et terre «…et eaux,en ce qui me concerne ! ».

Connu pour sons sens de l’humour, Philippe Croizon l’est également pour son franc parlé et c’est en laissant poindre ses agacements que l’homme révèle aussi sa dimension volontariste et engagé.

« Le combat est loin d’être terminé ! »

« Avec le succès des Jeux paralympiques, on parle d’autant plus du handicap. Tant mieux ! Le changement est amorcé mais, il faut le booster pour rattraper l’énorme retard et notamment en matière de formation. C’est la misère totale ! On refuse à un enfant en situation de handicap une assistante de vie scolaire mais, on est d’accord pour payer une allocation à l’adulte sans formation qu’il est devenu ? Il y a comme un énorme décalage, non ? », s’indigne l’homme que ses exploits ont conduit à rencontrer des dirigeants de grosses entreprises. « Certaines sociétés sont prêtent à embaucher des personnes en situation de handicap, comme le préconise la loi, mais elles ne peuvent que payer la pénalité parce qu’elles ne trouvent pas de personnel formé, c’est aberrant ! » Et des sujets d’énervement, Philippe Croizon en a d’autres : l’accessibilité, la méconnaissance et la peur face à cet inconnu que représente le handicap, les idées reçues qui offre des réponses faciles à des questions que l’on ne s’est pas vraiment posées.

Alors oui, Philippe Croizon poursuit son combat, celui d’interpeller, faire bouger les lignes, les frontières entre les mondes : géographiques, sociales… humaines, surtout !

L. S-G.