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Rejallant : quelle belle histoire d’eau !

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Le site de Rejallant chevauche la Charente au sud de Condac. Un gué disparu, un ancien logis noble, un vieux moulin, des sources, un souterrain, ajoutent du mystère au caractère bien trempé du «plus beau ruisseau du royaume».

Pompons quelques seaux d’histoire de l’eau potable à Ruffec dans le livre d’Henri Gendreau et Michel Regeon, «Un siècle de vie ruffécoise, tome 1».

«Le manque d’eau était un réel souci. Il n’y avait qu’un seul puits au centre-ville, celui de la place… Une pompe est prévue dès 1837 mais le débit est très insuffisant. L’arrivée du chemin de fer PO en 1853 et l’alimentation en eau des locomotives à partir du Lien où a été installée une machine à vapeur pour entraîner des pompes donne des idées à Ruffec. Mais le coût est trop exorbitant pour la ville… En 1865 il est question d’acheter le Moulin de Plaisance pour y installer une machine hydraulique qui élèverait l’eau en ville… L’affaire en reste là… 13 août 1873, décision est prise par la ville de réaliser l’adduction d’eau elle-même.» En 1876, Les Ponts et Chaussées étudient comment capter les sources de Rejallant. Le conseil avait décidé le 24 juillet 1875 l’achat du moulin de Rejallant. Auparavant moulin à tan, il était ainsi : un bâtiment principal abritant l’habitation des meuniers, une grange, un four, un fournil, un toit à volailles et une cour qui permet d’atteindre le gué, des sources vives, des îles et prairies, le tout sur 1,30 ha. Il sera équipé d’une turbine. L’eau sera poussée vers un réservoir situé au Peux-Bernardant.

La ville possède l’eau courante à partir

de 1880. Mais

le débit de

l’usine avec

une seule

turbine est insuffisant.

Le conseil

décide soit d’ajouter une turbine, soit d’installer une roue hydraulique Sagebien en fer avec 48 aubes en bois de 1,20 m de hauteur, 2,50 m de large, (dépense 1300 l d’eau par seconde, puissance de 50 cv). Cette roue actionnera deux corps de pompe. Le 16 sep

tembre 1889, le fermage de l’usine est accordé pour 40 ans à Clément Simon. Durant dix ans : «tout bai

gne». Mais le 21 février 1904, l’Observateur de Ruffec relate : «L’arrondissement de Ruffec a été aussi lar

gement éprouvé dans cette fureur des éléments qui depuis 15 jours ne font que rage et causent des désastres. La Péruse a pris des proportions comme on n’en avait pas vu depuis 1859… A Rejallant, noyé aussi, les machines élévatoires ne peuvent plus fonctionner depuis 10 jours et par

tout on se plaint d’avoir trop d’eau, quand sur le plateau on en manque. On a vu des boulangers recueillir l’eau de pluie pour faire le pain, et plusieurs industries ont été gênées par le manque d’eau, tandis que dans la partie basse de la ville, elle coule à flots dans les jardins.»

Rejallant s’impose au tourisme

En 1909, Rejallant est très visité (l’Observateur de Ruffec) : «De l’embouchure du Lien, la Charente nous

conduit vite à l’ancien moulin de Rejallant devenu depuis une trentaine d’années la propriété de Ruffec. Si le cours d’eau eut été plus conquérant, plus pressé d’arriver à l’Océan, il eût pu filer directement de Condac à Barro, au lieu de faire tant de lacets. Mais la Charente n’est pas pressée, et l’hiver, elle prend souvent possession de toutes les immenses prairies qu’elle traverse. Rejallant est, en été, et même une grande partie de l’année, le rendez-vous favori des baigneurs, des pêcheurs et des promeneurs ruffécois, qui y font des dîners champêtres sous les frais ombrages. Vue du haut des coteaux, la Charente offre l’aspect d’une vaste 

corbeille qui enserre une prairie magnifique dont le coquet village de la Leigne, perdu dans la verdure, serait le bouquet. La double installation d’une turbine et d’une roue Sagebien pour actionner les pompes qui alimentent le château d’eau du Peux-Bernardant est sérieuse, et suffit en temps normal à la distribution d’eau à Ruffec. M. Raynaud, député et ministre de l’agriculture, promet une étude pour réunir les sources qui avoisinent Rejallant, afin d’assurer le service uniquement en eau potable, tandis que pendant la période d’été il faut emprunter une bonne partie de celle de la Charente pour faire face aux besoins. Mais M. Raynaud, cessa d’être ministre… »

 

Le 27 juillet 1910, le conseil municipal de Ruffec cède les services de l’eau et du gaz à l’union électrique régionale dont le siège est à Civray. En 1927, le conseil municipal tente de capter les sources de Tallugeau. Le 13 août le conseil est informé que le débit est supérieur aux attentes. Les travaux sont terminés le 29 janvier 1929. Le 12 septembre 1930 un forage est décidé à Rejallant. Mais il

27 août 1931 on apprend que ces travaux n’ont pas abouti. L’adduction d’eau abandonne dès les années 1960 tout apport d’eau venu de Rejallant… Plus tard, la roue fera tourner deux génératrices électriques… juste un temps.

 

 

REJALLANT AUJOURD’HUI

La communauté de communes de Ruffec est en charge du développement du tou- risme à Rejallant. L’activité canoë-kayak s’y développe. Le moulin-restaurant (http://www.le- rejallant.com/) qui ouvre le midi et le soir tous les jours sauf le mardi (tél. 05 45 30 79 67), et le camping (http://www.lerejallant.fr/) appartiennent à des privés. Une nouvelle passerelle est opérationnelle, elle relie les deux rives et les îlots. Rejallant se visite en toutes saisons. Paradis des pêcheurs et des promeneurs, il séduit les épicuriens. Et les campeurs sont confortablement hébergés, même en bungalows s’ils le veulent.