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Saint-Maixent-l’Ecole, une cite meconnue

porte chalon

abbatial saint maixent

Christian Desaivres, professionnel du spectacle, et Patrick Béguier, journaliste et auteur de romans, se sont tous deux intéressés à Saint-Maixent-l’Ecole.

Le premier, en tant que photographe, avait depuis longtemps une passion pour l’image. Après avoir observé durant de longs mois Melle, il s’est tourné vers un autre pays, une autre cité : Saint-Maixent. A ses côtés, Patrick Béguier, que l’on connaît notamment pour ses romans, et notamment ses polars, a souhaité livrer ses impressions dans un ouvrage consacré à la cité deux-sévrienne, après avoir publié, en 2009, chez Geste Editions, un très beau livre consacré au Poitou-Charentes.

Le charme discret d’une provinciale

« C’était un après-midi d’été. Le soleil tapait sur Saint-Maixent comme marteau sur l’enclume ! Plutôt que d’attendre mon jeune époux (et bientôt sous-officier) à une terrasse de café, l’envie me vint de parcourir les ruelles de la ville et de traverser leurs ombres fraîches. Curieusement, le roman de Gaston Chéreau que ma mère, professeur de lettres à Niort, m’avait faire lire lorsque j’étais lycéenne me revint en mémoire… Et si, pour quelques heures, j’étais sa Valentine Pac- quault ? »
Patrick Béguier créé, en quelques lignes, celle qui sera notre guide pour cette visite unique de la cité saint-maixentaise. L’occasion pour l’auteur de livrer ses sentiments les plus profonds sans pour autant oublier les faits historiques marquants de cette ville liée depuis plusieurs siècles à l’armée française.

De nombreux témoignages de l’histoire peuvent être observés dans la cité. En premier lieu dans l’abbatiale qui impose « sa solennité et sa majesté », explique l’auteur qui n’hésite pas à s’attarder près du jubé, « d’une étonnante richesse ornementale, des statues (cette Vierge en bois polychrome !), des quatre-vingts stalles du chœur des moines. Sans oublier le tableau dont on m’avait parlé : les Soldats jouant aux dés la robe du Christ, une œuvre reconnue de l’école française du XVIIe siècle ».

« L’abbatiale de Saint-Maixent a subi tous les tourments de l’histoire, ajoute l’auteur. Mais, juste revanche, elle en a retiré sa forte originalité (…) Les guerres de religion auraient pu lui être fatales : il ne restait plus alors que les murs latéraux, quelques piliers et le clocher-porche qui servait de tour de guet…» Mais l’archevêque de Tours, signant un concordat avec la congrégation de Saint-Maur, a permis la reconstruction du monastère et de l’abbatiale dont les travaux débutèrent en 1670. A quelques pas du monument, Patrick Béguier nous emmène vers la place Amusat, devant la porte de la caserne Canclaux puis dans le parc Charrault, près de la Sèvre. « Je quitte à regret ces ombrages pour  emprunter un sentier qui longe le fleuve et qui, me dit-on, mène au quai des Tanneries.Jusqu’en1889,ici, on a nettoyé des peaux » souligne-t-il en conti- nuant sa visite vers le parc Chaigneau.

Que serait Saint-Maixent-l’Ecole sans l’Ensoa, l’Ecole Nationale des Sous-Officiers d’Active ? La ville a en effet tissé des liens avec cette école dont payday loans no faxing fax sont issues les forces vives de l’armée française.

 « A la fin du XIXe siècle, la ville s’est découvert une vocation militaire. Elle est devenue, au fil des ans, le creuset de l’armée française pour la formation des cadres sous-officiers » affirme l’auteur deux-sévrien. Désignée comme Base de Défense par l’armée de terre sur l’ensemble du Poitou en 2010, elle assure encore un rôle déterminant dans la vie sociale et économique de la ville.

De la construction, en 1914, du quartier Coiffé, du nom d’un général natif de Thorigné, déci- sion prise par l’Etat en raison de l’augmentation des effectifs, à la création de l’école en 1946, Patrick Béguier revient sur l’histoire particulière de cette école qui a toujours eu l’estime des hommes politiques et des habitants. Georges Clémenceau, président du Conseil et Ministre de la Guerre, aurait d’ailleurs dit, alors qu’un déménagement de l’école faisait son chemin dans certains esprits : « Non. L’école restera à Saint-Maixent, car ce nom est entré dans l’Histoire ».

Saint-Maixent et Denfert-Rochereau

Au détour des pages de cet ouvrage consacré à la cité saint-maixentaise, Patrick Béguier ne peut s’empêcher d’évoquer un personnage essentiel dans l’histoire de la ville : le colonel Denfert-Rochereau, né le 11 janvier 1823 à Saint-Maixent. « Cet enfant du pays, qui avait réussi à intégrer l’Ecole poly- technique en 1842, opta pour une carrière militaire en raison de… son médiocre classement. Ce qui ne l’empêcha pas de sortir premier de l’école d’application de l’artillerie et du génie de Metz et, très tôt, de faire parler de lui » écrit l’auteur. Gouverneur de Belfort, organisateur de la résistance face aux armées allemandes contre qui il refusa de baisser les armes, il fut rendu à la vie civile après avoir refusé « de participer à la répression sanglante de la Commune. Mais avec quel éclat ! il fut élu député de la Charente-Inférieure en juillet 1871, réélu en février 1876, à Paris cette fois, et lors de son troisième mandat reven- diqua le rétablissement du droit de vote pour les militaires qui en étaient privés depuis 1872… » s’enthousiasme Patrick Béguier. Au-delà de l’histoire militaire, Saint-Maixent-l’Ecole reste aujourd’hui « une ville étape par excellence, idéalement placée sur les grands axes de communication. Pour qui veut rejoindre l’Atlantique et le port de La Rochelle à partir de Paris ou du centre de la France. Pour qui, venant du nord-ouest du pays, veut aller au sud en évitant le massif central. (…) »

La cité est devenue très tôt, et est encore aujourd’hui, un lieu de passage, offrant « à ses illustres visiteurs comme aux plus modestes voyageurs, les auberges et relais qu’ils pouvaient attendre ».

Ludovic Rhode