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Un musée à ciel ouvert pour la bataille de 732

Charles martel, bataille de poitiers

Charles martel, bataille de poitiers

 

La bataille de Poitiers se livre au lieu-dit Pied Sec. Des panneaux et une table d’orientation permettent de mieux imager la scène et plonger ainsi dans la bataille.

En 732, Charles Martel a arrêté l’invasion arabe à Poitiers, entendez le Vieux Poitiers, sur la commune de Cenon. L’événement a un grand retentissement et fait de Charles le champion de la chrétienté. Environ mille trois cents ans plus tard, un musée de plein air a été construit sur le site de Moussais la Bataille, le lieu supposé où se sont déroulés ces évé- nements. La toponymie locale semble confirmer cette hypothèse : le nom de Moussais dérive probablement de Moussa, un chef guerrier dont le nom signifie Moïse en arabe ou bien de Saïd, un prénom qui signifie heureux. Il y a les lieux-dits du « ravin de la mort », où le chef arabe Abd Er Rahman aurait été tué,«la fosse au roi»où il serait enterré, « la ferme de la bataille » située en contrebas, « le virage des cinq maures » …

La bataille

A l’époque, les Maures occupent l’Espagne et la Provence. En 732 sous le commandement de l’Emir d’Abd al-Rahman, ils lancent une expédition vers Bordeaux, puis sur Saint-Martin-de-Tours pour en piller les riches sanctuaires. Ils s’avancent ensuite en région pictavienne. Appelé en renfort par le prince Eudes d’Aquitaine, Charles bat les Musulmans à Poitiers, le 25 octobre 732, arrêtant ainsi l’invasion arabe en Europe.

Selon les historiens qui se sont penchés au cours des siècles sur ces événements, ils font le récit suivant. « Pendant une semaine, les deux armées s’épient. Abd Er Rahman lance sa cavalerie sur les Francs. De son coté, Eudes prend l’ennemi à revers. Croyant leur butin menacé, les Maures fuient vers leur campement tout en subissant de lourdes pertes et Abd Er Rahman est tué. Charles donne l’ordre d’attaquer, mais le camp est vide, les musulmans se sont enfuis dans la nuit. Cette défaite marque le terme de l’expansion musulmane médiévale en Occident. »

Un musée de plein air

Yves Texier, professeur en histoire puis maire de Vouneuil-sur-Vienne de 1983 à 2001 est à l’origine du mémorial. « Inauguré en 1999, il se présente comme un musée à ciel ouvert avec de nombreux panneaux explicatifs illustrés, une table d’orientation, un puzzle géant. L’ensemble donne une idée de ce qui s’est passé, sur la stratégie retenue … Une bande sonore fait revivre cette journée dans le fracas des armes et les cris de la bataille », explique Martine Robin, qui au sein de la communauté d’agglomération du Pays châtelleraudais (CAPC) est chargée notamment de l’attractivité et de l’organisation des manifestations estivales. Elle poursuit : « Au fil du temps, le souvenir de la bataille est devenu un mythe, tout le monde connait cette date, mais il ne faut pas que l’interprétation de cet affrontement donne lieu à des récupérations idéologiques. Ce musée se veut avant tout un point de réflexion, de tolérance et de laïcité. Ici, deux civilisations se sont affrontées mais elles se sont mutuellement enrichies au cours des siècles. »

A. R.