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Une autre idee des langes

diane fitour

couche lavable

Avec la Maison de L’ange, Diana Fitour remet au goût du jour les couches lavables. Hébergée depuis mars dernier par le CRIJ à Poitiers, la toute jeune SCOP bouscule bien des idées reçues.

Des grands-mères accroupies devant le lavoir ou s’époumonant avec un lourd fer à repasser. Des jeunes femmes seventies ravies de découvrir le jetable, libérées du joug des illustres carrés blancs de coton. Voilà bien les premières images qui nous viennent en tête quand on évoque les couches lavables. Alors comment expliquer leur retour en force ces dernières années ?

« Les lavables d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les langes d’antan, explique Diana Fitour, gérante de la Maison de L’ange. Aujourd’hui, les couches sont belles, confortables et surtout pratiques. Elles se lavent en machine et se changent aussi facilement que les classiques. Mais la principale motivation des parents est d’abord économique. Pour un enfant et par rapport aux marques de distributeurs, les lavables permettent d’économiser 1 500 euros. Un budget non négligeable dans un jeune couple. »

Viennent ensuite les raisons sanitaires. Erythèmes fessiers, allergies, asthme, stérilité masculine, dérèglement hormonaux, cancers des testicules, de récentes études soulignent les effets néfastes des couches jetables sur la santé et le développement des bébés. « Beaucoup de parents viennent pour des problèmes d’eczéma et d’irritations. Exclusivement naturelles, les couches lavables permettent à la peau de respirer. De plus, les bébés ressentent l’humidité et prennent vite conscience de la notion d’inconfort. Résultat, ils sont propres plus tôt, entre 6 et 8 mois en moyenne », argumente Diana Fitour.

Démarche écologique ?

Plus rares sont les parents animés d’un souci écologique. Les couches représentent pourtant 40 % de la poubelle d’un jeune couple et chaque enfant utilise, jusqu’à sa propreté, 4 500 couches soit l’équivalent de sa chambre (35 m3). Un impact environnemental qui pousse de plus en plus de collectivités à promouvoir l’utilisation des couches lavables dans leurs programmes de prévention des déchets, comme la ville de Niort qui propose une aide financière à l’achat et des kits d’essai gratuit pendant un mois.

Des produits 100 % français

Outre l’achat et la location de couches lavables, la Maison de L’ange propose une gamme de produits de puériculture (mobilier, vêtements, écharpes de portage, jouets). Par choix éthique mais aussi pour garantir traçabilité et qualité, l’entreprise porte un accent tout particulier sur les qualités humaines de ses fournisseurs. Tous les produits sont garantis 100% français et certains sont confectionnés par des coopératives de femmes, des détenus, des chantiers d’insertion, des entreprises rurales.

Ainsi, le pressing écologique, qui assure l’entretien des couches entre chaque location, selon les normes de lavage hospitalières, est réalisé par un chantier d’insertion de Poitiers. Jamais à court d’idées, la jeune entreprise étudie également la faisabilité d’un ramassage des couches à domicile par Velomail. « Je veux prouver que l’on peut allier commerce, humanisme et maillage local », confie Diana Fitour, et c’est bien ce qu’elle est en passe de faire…

A SAVOIR

Le CRIJ (Centre Régional d’Information Jeunesse) a mis à disposition de Diana Fitour pour la première année un bureau et des salles de réunion. Elle propose des ateliers d’information sur l’utilisation des couches lavables.