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Voyager sous les tropiques à la Planète des crocodiles

La planète des crocodiles

La planète des crocodiles

Au cœur de la Vienne, un îlot de verdure offre un dépaysement total où les crocodiles sont rois. Le site vient de recevoir le label Qualité Vienne et se prépare à accueillir de nouveaux habitants : des tortues et des serpents.

Adeux pas de la centrale de Civaux, une drôle de soucoupe volante a été construite il y a quatre ans maintenant. Au cœur de la Vienne, un dôme en verre abrite 200 crocodiliens (crocodile, alligator, faux gavial et caïman) dans un univers foisonnant et verdoyant. Quand il fait gris, le site propose ainsi une balade sous les tropiques, un véritable dépaysement.

Ces reptiles ne vivant que dans les parties chaudes de notre Terre, il fallait leur reconstituer une bulle, leur environnement d’origine. Six régions ont été reproduites et le visiteur parcourt ainsi l’Australie, la Chine, l’Egypte, l’Afrique sub-saharienne, l’Afrique de l’Ouest et la Lousiane. La Planète des crocodiles accueille neuf espèces sur les 23 présentes dans la nature, de la plus grande, les crocodiles marins d’Australie à la plus petite, les caïmans nains de Cuvier, sur près de 5 000 m2.

Casser les idées reçues

Les crocodiles marins d’Australie sont les pre- miers à se laisser regarder. A leur arrivée, il y a quatre ans, ils pesaient 10 kilos. Aujourd’hui, ils font 80 à 90 kilos. Et gagnent 50 cm par an, soit environ 1 cm par semaine pour atteindre 6 à 7 mètres à terme. Ils sont nourris deux fois par semaine.

Les animaliers procèdent ainsi à quatre nourrissages par jour, le visiteur peut en profiter pour observer les crocodiliens en action. « Leur mâchoire est redoutable et concentre toute leur force. Pour comparaison, sur l’espace d’un ongle s’exerce le poids d’une voiture », rappelle Thierry Bordat, directeur de la Planète des crocodiles. Les reptiles ont au menu des cous de canards, des poulets entiers ou des truites. « En hiver, ils sont sensibles à la baisse de lumière. Pour suivre un cycle classique, nous abaissons la température de l’eau de 28 à 24°C. Ainsi, ils hibernent, ils ont une activité réduite en tout cas. Ils mangent moins par exemple. »

Le nourrissage est aussi l’occasion pour le visiteur d’échanger avec les animaliers, de poser les questions. « Nous sommes à chaque fois contents de faire partager notre expérience. C’est finalement un animal assez mal connu et qui a mauvaise réputation. Nous sommes là aussi pour casser les idées reçues », explique le directeur.

Les six territoires sont à chaque fois composés de 2/3 d’eau et d’1/3 de terre. Les crocodiliens évoluent ainsi dans 1 500 m3 d’eau, chauffée grâce à des pompes à chaleur, filtrée et traitée en circuit fermé pour chaque bassin.

120 variétés de plantes

Pour habiller les lieux plus de 120 variétés de plantes sont dispersées dans des décors typiques : cacaoyer, bananier, orchidée, fleurs du paradis … « Nous avons dès le départ fait très attention à un développement durable. Nous n’utilisons pas de traitement chimique. A chaque parasite, nous lui associons un prédateur, il y a ainsi auto-régulation. » Il est ainsi normal d’apercevoir des poissons dans les bassins. « Ils agissent comme des nettoyeurs et sont d’excellents indicateurs quant à la qualité de l’eau. » Et à la question pourquoi ces poissons ne se font-ils pas manger ? « Le crocodilien dépenserait une trop grande quantité d’énergie pour l’attraper et sans certitude de succès. Il doit au contraire économiser son énergie car il ne sait pas quand il va pouvoir manger à nouveau. » Et, il ne faut pas le sous-estimer. « Il entend, voit et sent mieux que l’humain. » Et restera un redoutable prédateur.

Mathilde Wojylac

 

DE NOUVEAUX HABITANTS

Le site subit actuellement quelques aménagements. De nou- veaux espaces devraient accueillir des tortues aquatiques (près d’une centaine) et terrestres (deux espèces pour une vingtaine d’individus). Les caïmans nains seront déplacés dans un bassin plus grand. De nouveaux terrariums devraient abriter par exemple des anacondas verts, le plus gros des serpents. Le directeur espère que tout sera prêt d’ici l’été.